J'ai suivi l'audience du 3 juillet à Nice; non seulement, la plupart des prévenus sont de jeunes postiers qui mettaient pour la première fois les pieds dans un tribunal à l’occasion de leur première grève, mais le motif d'assignation est surtout trés peu crédible: la poste les accuse d'« opérations commandos » menées par des facteurs - grévistes qui constitueraient de condamnables « troubles - illicites et dommages imminents ».
L'avocate des grévistes M° Catherine Cohen-seat n'a pas eu besoin de beaucoup de temps pour démonter ce qui constitue tout bêtement un essai de la part de la Direction de faire payer aux grévistes la perte financière occasionnée par la grève qui, rappelons-le dure depuis trois semaines et demi au motif que la Poste veut imposer son projet « Facteur d’avenir », lequel se traduirait par un regroupement dons suppression de bureaux , une augmentation des cadences de tournée des facteurs, voire des suppressions de tournée, sans amélioration à priori du service public. Les syndicats, qui s’opposent à une privatisation rampante, synonyme de suppressions d’emplois, soulignent le rôle social que joue le facteur dans les villages et demandent le maintien d’un facteur par quartier.
La Poste reproche des prises de parole de grévistes dans quelques centres de tri et bureaux de poste niçois « qui en aucun cas n’ont perturbé le tri ou la distribution du courrier ». « Est-ce que porter la bonne parole dans un local où on n’est pas ordinairement affecté, sans injurier ou faire pression, en ne détériorant rien et sans faire obstruction au travail est un acte illicite ? » interroge l’avocate. De plus, aucun des constats d'huissier produits par la Poste ne prouve qu'un retard a été pris dans la dsitibution du courruier, ces jours là, la prise de parle ayant duré vingt minutes et les facteurs de ces centres en train de trier pouvaient continuer à le faire en écoutant!!
Jean-Louis Fiori, secrétaire de la section locale CGT, a déposé, pendant l’audience, plus de
3 000 pétitions de soutien aux facteurs grévistes comprenant de nombreuses signatures d’élus.
La juge, Françoise Alliot-Thiénot, première vice-présidente de ce tribunal, a repoussé à vendredi prochain 10 juillet le rendu du jugement. On se demande encore où était l'urgence de ce référé..