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Le blog de Emmanuelle Gaziello,

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A 10 jours des élections européennes, quelle est la situation dans les autres pays européens ?

Publié par Emmanuelle Gaziello sur 26 Mai 2009, 21:01pm

Catégories : #ACTUS

Elections européennes 2009 : abstention, érosion continue de la social-démocratie, consolidation et recomposition des droites, division et renouvellement de la gauche.

 

 

Par mon ami Christophe Ventura(Mémoire des luttes:http://www.medelu.org/)

 

Les élections européennes débuteront dans 10 jours (du 4 au 7 juin selon les pays). Elles concernent 375 millions d'électeurs potentiels.

 

Hors de France, quelle est la situation ?

Sans prétendre à l’exhaustivité, cette contribution souhaite proposer quelques éléments d'information et de réflexion.

 

LES DESILLUSIONS D' EUROBAROMETRE

 

Le dernier sondage Eurobaromètre date du mois d'avril. Cet institut est celui qui, pour la Commission européenne, opère "un suivi régulier de l'opinion publique dans les Etats membres". Il indique un taux d'abstention record.  Ainsi, 66 % des européens n'iraient pas voter.

Le taux de participation attendu oscille entre 20 et 30 % dans plusieurs pays : Autriche, Espagne, Hongrie, Italie, Grande-Bretagne, Pologne, Portugal, Slovaquie, République Tchèque.

Dans la fourchette 30-50 %, on trouve l’Allemagne, la Belgique ( pays où le vote est obligatoire), la Bulgarie , Chypre, le Danemark, la France, la Grèce, le Luxembourg (vote obligatoire), la Roumanie, les Pays-Bas, Malte, la Suède.

 

Cette enquête montre également un effritement significatif de la confiance dans les institutions européennes. Ainsi, le Parlement européen (PE) passe de 51 % à 45 % d'indice de confiance en six mois,  la Commission européenne de 47 % à 42 % et la Banque centrale européenne, de 48 % à 39 %.

Enfin, seulement 16 % des personnes sondées déclarent connaître... la date de l'élection.

 

BREF TOUR D'HORIZON EUROPEEN

 

Il existe un point commun dans les campagnes qui se déroulent actuellement : leur quasi inexistance et leur pauvreté.

La Suède fait exception.

 

Dans certains pays comme la Belgique ou la Grande Bretagne, la campagne est surdéterminée par les scandales politiques et de corruption. En Grande Bretagne, on attend un raz-de-marée des conservateurs de David Cameron. Les Tories et les Liberal Democrats (LD) disposeraient de 59 % des voix ( 34 % pour la formation de Cameron et 20 % pour le LD). David Cameron  fait payer, entre autres, très cher à Gordon Brown (le Parti travailliste dispose de 25 % des intentions de vote) sa décision de ne pas avoir organisé de référendum sur le traité de Lisbonne. Il propose l'organisation d'un référendum pour toute nouvelle législation adoptée au Parlement européen. Le Parti national britannique (extrême-droite) est crédité de 2 % des voix mais les instituts de sondage considèrent qu'il est sous estimé. Comme d'autres pays ( Allemagne, France, Italie, etc.), la Grande Bretagne connait une tendance où les partis traditionnels continuent, sur le strict plan électoral, à dominer, dans un contexte de développement de l’abstention, la vie politique mais doivent se confronter à l'émergence de nouvelles forces (à droite et à gauche) qui rongent leur électorat. Ainsi, travaillistes et conservateurs représentent 79 % des intentions de vote contre 87 % lors des dernières élections.

 

La Grèce et l'Irlande ( pays qui ont connu des chocs sociaux et politiques importants liés à la crise en 2008-2009) doivent être suivis de près. Un fort vote sanction contre les gouvernements (le gouvernement irlandais bénéficie du soutien de 10 % de la population) de ces pays devrait avoir lieu. En Irlande, la population votera en même temps (le 5 juin) pour les conseillers de comtés. Le parti au pouvoir, Fianna Fáil (centre-droit), est crédité de 21 % des intentions de vote. Fine Gael, l'autre formation de centre-droit, mais opposée au traité de Lisbonne, de 38 %. Le Labour Party connait une baisse continue avec  20 % des intentions de vote. Le Sinn Féin, principal parti engagé contre le traité de Lisbonne à gauche, obtient 9-10 % des intentions de vote.

 

En Allemagne, cette élection préfigure les législatives du 27 septembre. La participation devrait atteindre 35 ou 40 %. Le SPD (23 % des intentions de vote) de Martin Schulz tente, dans une campagne peu conflictuelle, de "gauchir" son discours pour faire face à la CDU d'Angela Merkel (35 % des intentions de vote) et à l'ascension, à droite du Parti libéral-démocrate (FDP) (parti traditionnel des professions libérales et des artisans, des commerçants -. Avec 16 % des intentions de vote, ce parti du néolibéralisme devrait être le principal vainqueur de cette élection...), et à gauche de Die Linke (11 % des intentions de vote. Le parti fait campagne sur la revendication de remplacement du Pacte de stabilité et de croissance par un Pacte pour le développement durable, le plein-emploi, la sécurité sociale et la protection de l’environnement). Les Verts semblent stabiliser leur position (10-12 % des intentions de vote). Au plan national, la nouveauté dans cette élection pourrait venir du fait que le parti conservateur historique bavarois , l'Union chrétienne-sociale (CSU), n'atteindra peut être pas les 5 % au niveau national. Dans ce cas, il ne disposerait pas de représentants au PE. Cela constituerait un tremblement de terre dans le système politique allemand et indiquerait une recomposition de la droite allemande au profit du FDP. Cette évolution fait écho aux recompositions des droites dans plusieurs pays européens. Les formations conservatrices traditionnelles font face au développement des anciens partis d’appoint – ou de nouveaux petits partis -, souvent radicalisés et porteurs de thématiques nationalistes et/ou régionalistes et libérales/sécuritaires.

Dans ce pays (comme dans d'autres), la population est très critique sur l'Union européenne. Cette critique concerne la dimension sociale, mais aussi démocratique. Il existe une forte contestation contre la bureaucratie européenne et la concentration des pouvoirs dans l'UE.

 

En Italie, l’élection se tiendra le 6 juin. Elle correspond à la première campagne du Parti du peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi. Ce dernier, candidat pour son parti dans les cinq circonscriptions du pays, cherche à transformer le vote en plébiscite pour lui et ses alliés post-fascistes de la Ligue du Nord.... Il devrait réussir.... Selon divers sondages, le PDL atteindrait  40 % des intentions de votes, la Lega Nord  9-10 %. Le Parti démocrate, quant à lui, plafonnerait autour de 25 %. De son côté, la gauche, divisée entre Rifondazione comunista et Sinistra e Libertà ( scission de Rifondazione et courants trotskistes) obtiendrait environ 6 % des voix ( 3 % et 3 %). Il faut noter en Italie la relative percée du parti Autonomia (affilié au mouvement Libertas  dont Philippe De Villiers est le représentant en France- 2,6 %).

 

En Suède, malgré une importante campagne médiatique pour rendre compréhensibles les enjeux européens et le rôle des institutions communautaires, l'absence d'intérêt de la population est le fait majeur de la campagne. Plus de 50 % de la population dit ne pas savoir pour qui voter ou affirme qu'elle ne se rendra pas aux urnes. Les sociaux-démocrates sont pointés à 30 % des intentions de vote ( 5 députés possibles). Les conservateurs ( Moderaterna) arrivent juste derrière avec 27-28 % ( 5 députés). Les trois autres partis de la coalition gouvernementale de droite (libéraux, centre, démocrates-chrétiens) sont respectivement crédités de 9 % (2 députés), 6 % ( 1 député) et 5 % ( 1 député). Les Verts disposeraient de 9 % des intentions de vote ( 2 députés) et le Parti de Gauche de 6 % ( 1 député - un de moins qu'en 2004).

La surprise de cette campagne provient de l'émergence d'un parti non parlementaire, le Pirate Party. Crédité de 5 % des votes, il a été créé suite au procès lancé contre le site internet de téléchargement gratuit The Pirate Bay.

Pour leur part, The Socialist Party and The Socialist Justice Party ont créé 'l'initiative des travailleurs" sur le modèle du NPA. Ses intentions de vote sont insignifiantes.

 

En Espagne, le débat est quasi inexistant et, de l'avis de tous, très pauvre. Le Parti populaire (droite), confronté à des scandales de corruption, essaie de redorer son blason. Il est crédité d'envron 45 % des intentions de vote. De son côté, le Parti socialiste au pouvoir (PSOE) est pointé à environ 40 %. La gauche est divisée et fragmentée en de multiples formations et initiatives. La liste de Izquierda Unida (formation membre du groupe Gauche unitaire européenne au PE) est conduite par l'eurodéputé Willy Meyer, personnalité assez connue dans le pays. Elle peut espérer un ou deux eurodéputés avec environ 5 % des intentions de vote. Deux autres listes concourent : la Izquierda anticapitalista (Gauche anticapitaliste) et la Iniciativa internacionalista ( Initiative internationaliste) dont les intentions de vote sont très faibles.

 

 

 

 

 

Plusieurs sources ont été utilisées. Le site Rue89 (http://www.rue89.com/europeennes/2009/05/10/en-images-ces-debats-qui-agitent-leurope-en-campagne-13 et

http://www.rue89.com/europeennes/2009/05/25/en-images-ces-debats-qui-agitent-leurope-en-campagne-23), les travaux de la Fondation Robert Schuman (http://www.robert-schuman.org/), le site d’Eurobaromètre (http://ec.europa.eu/public_opinion/index_fr.htm) et divers élements issus d’entretiens réalisés avec des militants politiques engagés dans la campagne européenne dans plusieurs pays.

 

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