Aujourd'hui un démenti du journaliste responsable de cette publication nous redonne la phrase d'origine:
Dans son dernier livre paru le 7 mai, «Un Paysan pour l’Europe», José Bové tient une conversation avec Claude-Marie Vadrot. Il est interrogé sur la contradiction entre son engagement pour le Non et sa candidature aux côtés de Cohn-Bendit. Claude-Marie Vadrot: "Tu penses que, si vous êtes élus, même sur une base minoritaire, vous aurez un rôle vraiment important? Il y a vraiment quelque chose à faire à Bruxelles? Après tout, tu as voté contre cette Europe … alors que Daniel Cohn-Bendit et certains de tes compagnons de campagne ont fait campagne pour le «oui». Cette question, te concernant, revient très fréquemment."José Bové:""Effectivement, j’ai voté non au traité constitutionnel, mais je n’ai pas fait campagne, une campagne très écoutée, au nom de vieux principes archéo-souverainistes qui nous ramèneraient au repli identitaire sur l’Etat-nation : c’est effectivement un schéma qui ne peut plus fonctionner, qui n’a plus de sens, qui nous ramène à ce qu’il y a de pire dans le nationalisme".
Nous ne pouvons qu'admettre une erreur faite par Politis erreur et battre notre coulpe de l'avoir admise aussi facilement...venant de cet excellent journal qu'est Politis..
Mais venons en au fond. Bové, en 2005 était sur les mêmes estrades que Besancenot, Buffet, Mélenchon, Bavray, Autain, Sarre, Cassen, Salesse... et Politis était à leur côté. Le combat était contre le traité constitutionnel européen.
Aujourd’hui, Bové a tourné la page de 2005 et aussi de l’Europe sociale, démocratique, écologique et laïque. On s’attelant avec Cohn Bendit, Joly... il s’orriente vers une écologie ni droite, ni gauche, libéral-libertaire et communautaire.
Comment peut-on lutter contre le capitalisme transnational, une écologie durable, une démocratie permanente en soutenant et en représentant une ligne qui a accepté le traité de Lisbonne, le grand marché transatlantique, les directives sur la concurence et refuse la souveraineté populaire.
Ce qui suit est, par contre vérifié:
Il avait affirmé par deux fois à la télévision que Fidel Castro l'avait expulsé de Cuba pour propos non conformes.
José Bové s’était rendu à La Havane en septembre 2001 pour participer au Forum mondial sur la souveraineté alimentaire, avec 400 participants du monde entier à l’appel de Via Campesina, invité par l’ANAP (Associacion Nacional de Agricultores Pequenos de Cuba).
Le 25 Septembre 2003, lors de l’émission « 100 minutes pour convaincre », sur France 2, interrogé sur Cuba par Bernard Kouchner (futur sarkoziste), José Bové esquiva en répondant (de mémoire) : « J’ai été expulsé de Cuba par Castro pour avoir dit des choses qui lui déplaisaient ».
Cette expulsion, José Bové lui-même l’ignorait une seconde avant de l’inventer pour la télé.
Le 3 mars 2007 à 14 heures, dans l’émission « chez F.O.G. » sur France 5, Bové s’entendit reprocher son « utopie communiste », par Jean-Pierre Jouyet, ancien directeur de cabinet de Jospin et futur sarkoziste. Réponse textuelle de Bové : « Je suis un des rares à avoir pu me rendre à Cuba pour critiquer Fidel Castro ; ça m’a été reproché, et j’en ai été chassé ».
Et pourtant,les articles (élogieux) que la presse cubaine avait consacrés à Bové pendant et après son séjour n'étaient pas rares. Dans son livre (« Paysan du monde », Fayard, 2002) où figure le texte de son discours (flagorneur) en présence de Fidel Castro, il raconte même son départ tranquille vers l'aéroport à l'issue du Forum.
Personne n'avait compris à l'époque que l'on "égratigne" ainsi le héros du Larzac après l'avoir soutenu si activement quand il était poursuivi par la Justice (française!). (documentation Maxime Vivas)
Et l'appel des "indigènes"?
On se rappellera aussi l’appel , signé en Février 2007 par un grand nombre d’initiateurs/trices du Mouvement des Indigènes de la République, à soutenir José Bové pour qu'il soit LE candidat des collectifs antilibéraux: On se rappellera que ce mouvement(MIR) initié en février 2005, accusait les forces progressistes de ce pays de se cacher derrière la laïcité pour une offensive réactionnaire.
Cet appel qui dénonçait aussi la loi de 2004 sur les signes religieux à l’école, qui pour les auteurs fait partie d’une démarche colonialiste a profondément divisé la gauche et le milieu anarchiste, une partie d’entre eux trouvant ce texte communautariste.
Je considère cet appel comme la perversion d’une cause juste.Il oublie la relation qui existe entre communautarisme et néolibéralisme qui confirme la nécessité de défendre la laïcité en France comme de la promouvoir en Europe et au delà de nos frontières..Il n’existe pas plusieurs interprétations de la laïcité. Il n’en existe qu’une, celle qui garantit l’existence, dans notre république de citoyennes et de citoyens égaux en droit. Et elle n’a rien d’étriqué. Elle est valeur fondamentale .
Il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de la "Gauche", est-ce encore la gauche d'ailleurs?
Emmanuelle Gaziello