Commémoration, à Nice, du 66° anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance par Jean Moulin.
Ce 27 mai, à 18h, dans les jardins de la Villa Thiole à Nice, a lieu la commémoration de la création du Conseil national de la Résistance (CNR), qui se tint pour la première fois le 27 mai 1943, à Paris (48, rue du Four), sous la présidence de Jean Moulin, délégué du Comité national français.
Sera réuni sous les auspices de l’ANACR un certain nombre d’élu-e-s et de représentants d’associations.
A la mort de Jean Moulin, assassiné par la barbarie nazie en la personne de Klaus Barbie, le CNR, continuera de siéger, et élaborera, le 15 mars 44, le Programme National de la Résistance. A l’origine, une œuvre immense, qui ne sera pas appliquée en totalité mais qui est à l’origine des Services Publics Français.
Il faut à cette occasion rappeler aux gouvernants d’aujourd’hui, les missions de Service Public, qui, face au marché, sont l’intérêt général, les droits fondamentaux, la lutte contre toutes les discriminations, l’égalité et l’accès de toutes et de tous aux droits et aux biens fondamentaux, l’efficacité « supérieure » que peut avoir le « public » dès lors qu’il s’émancipe de la dictature de la rentabilité financière et peut aborder d’autres critères d’efficacité et d’utilité .
Emmanuelle GAZIELLO
Hier et aujourd’hui ?
Citons quelques mesures appliquées à la Libération et qui sont directement inspirées du Programme national de la Résistance :
En 1944
- 5 octobre : droit de vote des femmes. En 2009, le gouvernement fera-t-il voter une loi-cadre protégeant les femmes contre toutes les violences, y compris celle de l’inégalité des salaires ?
- 18 octobre : ordonnance sur les profits illicites réalisés sous l’Occupation. En 2009, le gouvernement pour fera-t-il voter une loi permettant de saisir les sommes soustraites à l’impôt, par le biais des paradis fiscaux, et qui limitent le financement de la Sécurité sociale au moment où l’on se lamente sur son « trou » ?
- 6 novembre : lancement de l’emprunt de la Libération. En 2009, le gouvernement et l’Union européenne lanceront-ils un grand emprunt permettant de financer la rénovation et la construction d’équipements publics utiles à la population (amélioration des transports collectifs, du logement, des banlieues populaires, des écoles, de l’environnement, etc.) ?
- 18 décembre : nationalisation de la marine marchande. Le gouvernement mettra-t-il un terme au scandale des pavillons de complaisance, pour réglementer sévèrement les transports d’hydrocarbures et de produits dangereux ?
En 1945
- 22 février : création des comités d’entreprise. En 2009, le gouvernement accordera-t-il davantage de droits et de pouvoirs aux salariés, notamment un droit de recours suspensif face aux licenciements ?
- 4 et 19 octobre : création de la Sécurité sociale. En 2009, le gouvernement améliorera-t-il la protection sociale — idée qui paraît aujourd’hui une insanité — au lieu de la démanteler ?
- 2 décembre : nationalisation du crédit. Le gouvernement redonnera-t-il aux banques un rôle prééminent dans le financement de l’économie qui ne peut plus être laissé aux hasards des marchés financiers ?
- 26 décembre : approbation des accords de Bretton Woods par l’Assemblée. En 2009, le gouvernement via la Commission Européenne prendra-t-il des initiatives politiques et diplomatiques d’envergure visant à réduire les écarts entre pays riches et pays pauvres, et à replacer le FMI, la Banque mondiale et l’OMC sous l’égide de l’ONU ?
En 1946
- 21 février : rétablissement de la loi des 40 heures de travail hebdomadaire.
- 29 mars : nationalisation du gaz et de l’électricité. Le gouvernement stoppera-t-il immédiatement les privatisations en cours ?
- 22 juillet : hausse de 18 % des salaires. Le gouvernement décidera-t-il une hausse des salaires, sachant qu’en trente ans, en France, la part de ceux-ci dans la richesse produite a baissé de 10 % ?
En 1947
- 31 mars : création du salaire minimum vital.
- 23 décembre : loi sur le prélèvement exceptionnel sur les hauts revenus. En 2009, le gouvernement mettra-t-il en place une lutte efficace contre les paradis fiscaux, une taxation à 95% des parachutes dorés, la suppression des stock-options, le plafonnement des rémunérations des dirigeants d’entreprises ? Supprimera-t-il les exonérations et déductions fiscales diverses dont le « bouclier fiscal » ? La question d’une meilleure répartition des richesses, donc d’une réforme en profondeur d’un système fiscal injuste est urgente, alors que la crise systémique du capitalisme pose la question de savoir qui va financer les dépenses supplémentaires,qu’il est déjà anoncé que ce seront encore les classes moyennes qui seront ponctionnées ? Que la limitation des dépenses publiques donc la casse des services Publics est déjà prônée par un rapport de l’OCDE ?
E. G.