INTERVENTION D'EMMANUELLE GAZIELLO AU CONSEIL MUNICIPAL DU 17 OCTOBRE 08
remarque:suite à cette intervention, la délibération a été retirée...
Lors du conseil municipal suivant, la majorité en place à introduit une nouvelle délibération lui permettant de ne plus consulter le conseil municipal pour les opérations de mécénat.......Lire mon intervention du 19 décembre 08 plus bas!
(Avec les insultes qui ont été proféres par le Maire M. Estrosi à cette occasion...)
Opéra : Convention de mécénat et contrat de parrainage avec la société NESPRESSO, conseil municipal du 17 Octobre08, Emmanuelle Gaziello.
Madame l’Adjointe, Monsieur le Maire
L'humanisme et la culture sont des valeurs universelles. Mais un contrat de mécénat avec Nespresso, filiale de Nestlé atteint ses limites quand on met bout à bout:
Nespresso : 35 % de croissance et 54 millions de bénéfices en France en 2007, (20 millions de plus qu’en 2006) , est l’une des entreprises la plus rentable du groupe Nestlé, et en même temps l’entreprise qui paie le moins bien ses employés. En France,Nespresso bafoue les libertés syndicales ; Dans le monde, entier, les employés de Nestlé sont obligés de se défendre contre la détérioration constante de leurs conditions de travail.
Les pratiques de Nestlé, la maison mère dans les domaines de l’eau, de l’agriculture, de l’industrie alimentaire et dans ses rapports avec les salarié(e)s, ont des graves répercussions sur des millions de personnes dans le monde. Contrairement à l’image qu’elle veut donner.
Cette entreprise viole la législation du travail, exerce une forte pression sur les droits des travailleurs et les droits syndicaux, sur les prix à la production, au détriment des paysans des pays pauvres du Sud, bafoue les normes internationales en vigueur, en polluant l’environnement, en utilisant des produits périmés ou contaminés qui mettent en danger la santé publique (Nestlé est impliquée à travers son lait Dairy Farm, retiré de la vente en septembre dernier, suite révélations lait frelaté).
A l’heure où, Monsieur le Maire ,même vos amis politiques font le constat que la financiarisation de l’économie dont les grandes multinationales comme Nestlé sont le fer de lance, amène le monde droit dans le mur , elle ,est championne des délocalisations:
! A marseille il n’y a pas si longtemps, Nestlé ferme son site de St Menet (pas déficitaire : son taux de rentabilité avoisine les 10 % ) pour accroitre ses profits, et assurer les rentes de ses actionnaires, mettant ses 427 salariés sur la carreau,.Et au delà, ce sont 600 à 800 personnes, peut-être 1 000, avec la sous-traitance et les emplois induits. Et en plus il ne tient pas ses engagements avec le repreneur Netcao, ainsi c’est toute une filière qui est fragilisée.
D’ailleurs, tous les moyens sont bons pour Nestlé lorsqu’il s’agit de parer aux critiques. Ainsi, Nestlé a mandaté la société Securitas pour infiltrer l’association altermondialiste Attac Suisse en train de travailler à ... un livre sur Nestlé.
Nous ne pouvons cautionner le fait que la Ville de Nice participe à cette comédie !
Surtout pour 20.000 euros (qui coûtent à Nespresso en réalité 8000 euros !)
Le contrat de mécénat stipule que le logo devra être appliqué sur tous les documents et publicités de l’opéra et que l’image de la marque ne devra pas être attaquée…..Que ferions nous si un jour, les produits Nestlé devaient être retirés des cantines de la Ville ?
C’est pourquoi, nous nous opposons à cette délibération.
Conseil Municipal du 19 décembre 2008
4.17 DELIBERATION CADRE CONCERNANT LES OPERATIONS DE
MECENAT.
Mme MARLAND-MILITELLO.- Pour rendre le travail
municipal plus efficace, plus rapide et plus économique étant donné
l'importance de cette ville, on a décidé que l'on ne vous ennuierait pas avec des
mécénats de petites sommes qui n'ont pas d'intérêt significatif ; nous
soumettrons donc aux délibérations les mécénats à partir de 30 000 euros.
(…)Mme GAZIELLO.- Concernant la 4.17, je pense d’une part que
vous auriez pu rajouter dans les considérants : « Considérant que lors du conseil
municipal du 10 octobre, suite à une réprobation sur le projet de convention à
caractère exclusif à passer entre la Ville et la société Nespresso pour un montant
de 20 000 euros, le maire a retiré la délibération », d’autre part : « Considérant
que la plupart des conventions de mécénat portent sur un montant souvent
inférieur à 30 000 euros, conclusion : en soumettant à la signature de M. le
maire ou son représentant les conventions de 30 000 euros ou moins, le maire
se donne ainsi le pouvoir de signer toute convention pour un montant inférieur
à 30 000 euros afin de ne pas avoir à en rendre compte au Conseil municipal. »
De plus, cette délibération cadre ne fixe aucune condition quant à la nature du
mécène, son implantation locale, son bilan social, son éthique d'entreprise et
c'est justement ce qui vous avait poussé, Monsieur le Maire, à retirer la
délibération Nespresso le 10 octobre dernier.
A ce sujet, le directeur de Malongo, société des cafés issus du
commerce équitable et implantée à Carros, vous a envoyé une lettre de
protestation signifiant son mécontentement de n’avoir pas été contacté au sujet
de cette offre de mécénat pour l’Opéra de Nice suite à la parution dans la presse
du retrait de la convention avec Nespresso. Vous ne nous avez pas fait suivre
cette information ni la suite donnée à cette lettre. Votre volonté affichée de
transparence et de démocratie s’arrêterait-elle aux limites imposées par
certaines entreprises privées ?
Venons-en à ce que révèle une telle décision : c'est vrai, Madame
l’adjointe, je vous l’accorde, ce sont des montants faibles au regard des recettes
de fonctionnement de la ville mais la signature de tels mécénats implique au
plus haut point l'image que véhicule notre ville à travers ses établissements
culturels. Alors, marchandisation ou pas ?
Ma collègue Mari-Luz Niçaise, présidente de la commission
d’appel d’offres, avait bien fait ressortir lors de son intervention la publicité à
faible coût que représentait un tel mécénat avec des affiches de 4x3 pour un coût
modique de 8 000 euros par an, rappelons-le, pour une entreprise privée faisant
de tels profits.
Ma question est la suivante : cette délibération est-elle le signe que
vous allez faire monter les enchères avec les éventuels mécènes quand ceux-ci
sont des multinationales aux bénéfices plus que conséquents ou est-ce la volonté
d’éviter tout débat public ? Nous avons appris de l’histoire, Monsieur le Maire,
que la démocratie est moins un Etat parfait qu'un processus en perpétuel
devenir. C'est par des décisions de pouvoir aussi insidieuses que celle-là, même
portant sur des montants aussi faibles, que l'on mesure l'état de régression de
notre démocratie.
(Exclamations de la majorité)
M. le MAIRE.- Sur les rapports que vient de présenter Madame
Marland-Militello, y a-t-il d'autres interventions ?
M. CHAUVET.- Sur la 4.17 qui vient d’être évoquée —et mon
intervention ne se veut évidemment pas une leçon de morale— vous aviez pris il
y a deux mois, Monsieur le Maire, une bonne initiative en retirant la
délibération Nespresso et aujourd'hui elle revient, par le biais de la 4.17, dans
des conditions encore moins bonnes que précédemment.
Il me semble, et je rectifie le propos de Madame Gaziello que je
fais mien pour partie, il me semble qu'elle se trompe lorsqu'elle dit que la
plupart des contrats de mécénat que nous avons évoqués étaient inférieurs à
30 000 euros ; je rectifie : toutes les conventions de mécénat que nous avons
examinées en conseil étaient inférieures à 30 000 euros, pas une seule
convention n'était supérieure. Cela signifie que si nous passons cette
délibération on ne verra pratiquement plus jamais passer en conseil de
délibération de cette nature. Ce n'est pas une bonne chose pour la transparence
en général.
(...)
Mme MARLAND-MILITELLO.-
A Madame Gaziello et à Monsieur Chauvet également, concernant
le mécénat, ce que je veux dire c’est que j’ai été très surprise de l’alourdissement
dans les conseils municipaux pour toute sorte de choses. Cela avait été institué
parce que sûrement des personnes voulaient tout voir mais, Madame Gaziello,
Monsieur Chauvet, rien ne se fait dans cette mairie qui soit caché !
Quand on va signer un document pour accepter un mécénat, nous
ne faisons rien de caché, tout ce que signe le maire est public ! Nous ne faisons
rien d'occulte et, si vous avez une inquiétude, je vous appellerai à chaque fois
que j’ai une demande. A ce propos, permettez-moi de vous dire,
Madame Gaziello —que j'apprécie beaucoup par ailleurs—, que votre diatribe
contre Nespresso à en faire le diable des cafés est proprement injurieux pour
cette entreprise, parce qu’elle ne correspond pas à tous vos critères écologiques.
(...)
M. le MAIRE.- Je vous remercie.
Je vais vous dire quelque chose, Madame Gaziello, car il faut
remettre les choses à leur place. Ce n’est pas la peine de nous jouer votre
partition. M. Blanc est une personnalité de grande qualité et j'ai la prétention
d'être celui qui, contre tous, avec heureusement le soutien de certains
industriels du département, a sauvé l’implantation à La Gaude contre le maire
de la Gaude, à côté d’IBM. Je suis fier d’avoir sauvé une grande entreprise qui
fait du commerce équitable dans notre département et je n'ai pas besoin de
madame Gaziello et monsieur Blanc n’a pas besoin de madame Gaziello s'il a
besoin de faire passer un message au maire de Nice. C’est un grand industriel
qui d'ailleurs n'appartient pas à la catégorie que vous appréciez parce que c'est
forcément un tortionnaire, forcément quelqu’un d’insupportable, parce que c’est
un créateur d’emplois, c’est un industriel, parce que c'est quelqu'un qui est dans
l'innovation, dans la recherche et dans le développement !
Ecoutez, vous qui représentez les dernières séquelles du
stalinisme, de la barbarie et de l’intégrisme dans la vie politique nationale, je ne
vous autorise pas à faire les sous-entendus que vous avez faits dans cette
assemblée ! C’est inadmissible, c'est indigne de la place que vous occupez dans
cet hémicycle. Je n'accepterai pas que vous ayez des comportements dans ce
prolongement dans d'autres séances, je vous le dis.
A partir du moment où tous les actes qui sont signés par le maire,
ici dans cette séance, sont des actes publics qui passent au contrôle de légalité,
je ne vous autorise pas à faire les sous-entendus que vous venez de faire. C’est
terminé. On passe au vote.
Je passe le rapport 4.5 aux voix.
(Protestations de madame Gaziello)
C'est indigne ! Vous n’êtes pas une élue démocratique. Ici, la
démocratie c'est nous qui la représentons, certainement pas vous, Madame
Gaziello, certainement pas quelqu'un qui pousse des jeunes à aller dans la rue,
quelqu’un qui barre les entreprises, quelqu’un qui empêche les citoyens d’aller
travailler librement tous les matins ! Vous n'appartenez pas à la catégorie de
ceux qui défendent les valeurs de la République et de la démocratie dans notre
pays et je n'accepte pas cette attitude, je ne l’accepterai jamais dans cette
assemblée !
(Applaudissements...)