Ce n'est pas un "divorce" comme veulent nous le faire dire certains médias...Mais Robert Injey et moi , élu-e-s sur la liste "changer d'ere" de Patrick Allemand avons pris cette décision en toute conscience.
De dossiers importants où nous avions pris des positions différentes, en conceptions politiques opposées , toute participation à ce groupe devenait incohérente.
Le besoin d'une clarification à gauche
Au niveau national, nous sommes opposés à un "recentrage" démocrate. Face à la crise du systeme capitaliste,il y a urgence à relever le défi d'une alternative politique à gauche. Or, les mêmes qui lors de la Présidentielle de 2007, ne voulaient s'en tenir qu'à un "tout sauf Sarkozy", et qui ont été incapables de lui faire barrage, prétendent aujourd'hui , du PS au Verts, fonder un rassemblement à gauche sur "des valeurs" et surtout pas un programme précis.
Ils indiquent évidemment que toute « vulgate marxiste », ou de gauche sociale, serait « archaïque » ; jouent sur l’aspiration à se débarrasser de Sarkozy pour justifier l’ouverture au centre, (comme dit Cohn-Bendit « Et si il faut rajouter le Modem, ajoutons le ! ») ; tiennent pour acquise l’Europe libérale dans ses traités y compris celui de Lisbonne , récupérent des aspirations écologiques mais en les limitant principalement au domaine de comportements individuels à amender plus qu’à un système économique capitaliste à dépasser.
Mais ce recentrage ne fait pas recette dans le "peuple de gauche"!
Loins de l'idée de "primaires" à "gauche" pour désigner avant toute chose une candidature à la prochaine élection présidentielle, qui évacuerait tout débat sur l’alternative à opposer à un système en crise,
, nous ne renonçons pas à construire avec toutes les forces de gauche qui le veulent, toutes les femmes et les hommes qui voudront y contribuer un projet politique qui réponde aux attentes du plus grand nombre, et largement ouvert au mouvement social.
Face à la gestion Estrosi , un besoin de positionnement politique clair et de propositions offensives…
Au niveau local, loins d’un débat sur une alliance PC-PS-Verts-MoDem où il serait uniquement question de « combinaisons politiciennes", nous avons une exigence de démocratie dans la vie politique qui ne se satisfait pas des positionnements à géométrie variable de nos ex. partenaires du groupe « Changer d’ere ».
L’exemple le plus parlant en est celui de la Métropole Côte d’Azur, qui nie le contrôle citoyen, la démocratie, le respect du mandat des électeurs. Sur ce dossier, rien ne sépare les élu-es Verts/PS de ceux de l’UMP. Sans débat de fond, les élu-e-s PS et Verts du groupe « changer d’ere » ont pris position pour cette métropole toute en cherchant quand même à s’opposer de manière « politicienne » et à la marge ;
Cette Communauté Urbaine, une métropole qui offre de nouveaux espaces aux marchés et à la privatisation, en réduisant encore l’intervention publique avec la disparition de milliers de fonctionnaires et des relais légitimes que sont les élus de proximité, nous l’avons combattue dés le début, dès la décision si rapide de M . Estrosi de transformer la Canca en CU. Parce que notre conception de la démocratie n’est pas la concentration des pouvoirs entre les mains d’un seul homme(- fut-il à « gauche »-), mais bien la démocratie sociale et participative.
A l'heure où malgré ses gesticulations, et ses promesses sans cesse renouvelées, la droite peine à justifier son bilan, sur d'autres dossiers niçois qui concernent au premier chef le plus grand nombre de nos concitoyens, nos positionnements, grâce à un travail de propositions et de proximité offensifs, seront les mêmes que jusqu'alors: permettre de conjuguer rassemblement, clarté et efficacité au service de la population.
Emmanuelle Gaziello, conseillere Municipale Communiste de Nice.