8 mai 2002: un attentat à la bombe sur un bus fait 14 morts, dont 11 ingénieurs français travaillant pour les anciens arsenaux d'Etat DCN ou des sous-traitants. La piste d'Al-Qaeda est d'abord évoquée. En 2003, deux hommes présentés comme proches de l'organisation sont condamnés à mort. En mai dernier ils sont acquittés.
L'enquête s'oriente alors vers la piste d'un contentieux franco-pakistanais doublé de commissions occultes reversées à des hommes politiques à Paris, une hypothèse qualifiée de "fable" aujourd'hui par Nicolas Sarkozy.
Octobre 2008:Un rapport baptisé "Nautilus"est trouvé à la DCN.
Un ancien membre des services secrets français, ex-agent de la Direction de la surveillance du territoire (DST), Claude Thévenet, qui jouit d'une excellente réputation, confie à Mediapart les raisons pour lesquelles il a rédigé ce rapport, daté du 11 septembre 2002: «J'avais été chargé par les instances dirigeantes de la DCN de recouper un certain nombre d'informations parce que la DCN avait peur que les services officiels, comme la DGSE ou la DST, lui livrent des informations inexactes ou tronquées sur ce qui s'est réellement passé au Pakistan».
Pour comprendre, il faut remonter à 1994. Le Pakistan achète alors trois sous-marins à la DCN pour 5,5 milliards de francs. Une vente assortie de promesses de commissions à des militaires pakistanais et de rétro-commissions à des responsables politiques français.
La conclusion du rapport Nautilus est formelle: «L'attentat de Karachi a été réalisé grâce à des complicités au sein de l'armée [pakistanaise] et au sein des bureaux de soutien aux guérillas islamistes de l'ISI [les services secrets pakistanais, ndlr».
Questions:
1-Si la politique étrangère française est structurée par le financement des rétro-commissions de vente d’armements (comme pour les vedettes de Taïwan, etc), sommes-nous encore en République ?
2 - Si les services secrets français ont monté des représailles dans cette affaire, ont-ils également causé des actions terroristes, en d’autres occasions ?